bar de l'économie

Le traité de libre-échange AEUMC

Arraché à l’issue d’âpres discussions entre Washington, Ottawa et Mexico, le traité de libre-échange AEUMC, entré en vigueur  au 1er juillet 2020, en pleine pandémie, est loin d’avoir mis un terme aux frictions commerciales entre les trois pays.

Cet accord Etats-Unis Mexique Canada, avait remplacé l’Aléna. Il a amélioré le climat des affaires, mais il a favorisé l’éclosion de nombreux conflits entre d’une part, les Etats-Unis et le Canada, et d’autre part, les Etats-Unis et le Mexique souligne Jeffrey Schott, expert au centre de réflexion Peterson Institute for International Economic.

Il a édicté les règles pour que trois économies nord-américaines distinctes coopèrent, là où elles le peuvent, et édicté les règles pour se battre là où elles ne peuvent pas coopérer car dans le cadre de ces règles, les pays vont agir en fonction de leurs propres intérêts, de manière plutôt agressive », estime-t-il.
Les  différends portent sur les produits laitiers, le bois d’oeuvre résineux canadiens, en passant par les panneaux solaires canadiens et la fiscalité sur les entreprises du numérique américaines, la liste de sujets de désaccord s’allonge.

La représentante américaine au Commerce Katherine Tai, a fait savoir qu’elle défendrait les intérêts américains, à commencer par les producteurs de lait du pays alors que le canada impose des quotas laitiers. Pour François Dumontier, porte-parole des Producteurs de lait du Québec certaines dispositions du traité sont « une atteinte à la souveraineté canadienne », qui brident les exportations canadiennes tout en permettant plus d’importations en provenance des Etats-Unis.

David Salmonsen, un responsable du principal syndicat agricole américain, l’American Farm Bureau Federationse veut optimiste : « Nous aurons une meilleure vision (de l’état de la relation commerciale) une fois que toutes les économies se seront remises de la pandémie », souligne-t-il.

Le gouvernement canadien a, ciblé le secteur des panneaux solaires et demandé la formation d’un groupe d’experts pour dénoncer l’application de tarifs douaniers américains de 18% dans cette industrie.