bar de l'économie

Pour consolider sa dette : maîtriser ses dépenses

La Cour des comptes vient de publier un rapport important (15 juin 2021) commandé par le Premier ministre Jean Castex dans le cadre d’une mission relative à la stratégie des finances publiques d’après-crise. Il s’agit pour les magistrats de la rue Cambon de définir le champ budgétaire des « possibles » en sortie de crise et d’esquisser les contours d’une réforme en profondeur de la gouvernance des finances publiques françaises. Des éléments devant éclairer l’Exécutif et le Législatif à la faveur du débat d’orientation des finances publiques et des révisions projetées de la LOLF et de la LOFSS (propositions de l’Assemblée nationale).

La soutenabilité de la dette publique est un enjeu de souveraineté : il s’agit d’une condition nécessaire pour faire face aux chocs économiques futurs et rester en mesure de financer les politiques et le fonctionnement des administrations publiques.
Pour assurer cette soutenabilité, la Cour propose une stratégie reposant sur deux piliers : le renforcement de la croissance potentielle, la maîtrise des dépenses publique, d’une amélioration de la qualité de la dépense publique dans cinq secteurs prioritaires et le renforcement de l’équité et de l’efficience des politiques et des administrations publiques.
À cette fin, la Cour formule 27 recommandations et défini plusieurs scenarii de croissance et d’inflation permettant de cibler leurs effets sur la dette publique à politique inchangée (et avec une augmentation de la charge d’intérêt de près de 1 point de PIB entre 2021 et 2030) :

  • Le 1er Un scénario de rattrapage où le fonctionnement de l’économie ne serait que « temporairement » altéré « et les capacités de production » sortiraient indemnes de la crise. Dans ces conditions le PIB rebondirait nettement en 2022-2023 (+4,2% puis 3,5% respectivement), permettant de retrouver la trajectoire d’avant crise au bout de 3 ans ;
  • Un scénario de « perte limitée » avec un effet rebond moins marqué de l’activité à court terme, autrement dit « le PIB retrouverait à terme un rythme de croissance potentielle identique à celui d’avant crise, soit +1,25% » Dans ce scénario qui impliquerait une parfaite adéquation et efficacité des mesures d’urgence et de relance, « le niveau du PIB resterait durablement inférieur à celui qui aurait prévalu en l’absence de crise ». Il s’agit du scénario retenu par le Gouvernement dans le programme de stabilité 2021-2027 ;
  • Enfin un scénario de « faiblesse persistante », avec un rebond plus modéré de l’activité en sortie de crise et un taux de croissance diminuant de manière durable. Le potentiel de croissance serait réduit « durablement » de ¼ de point de PIB. Ce scénario aurait un niveau de 2 points de PIB en dessous de celui-ci à horizon 2030.

Pour en savoir plus : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/une-strategie-de-finances-publiques-pour-la-sortie-de-crise