bar de l'économie

Violences intrafamiliales, réfléchissons sur la notion d’emprise

Valérie Bacot, condamnée à quatre ans de prison dont trois avec sursis pour l’assassinat de son mari violent, ressort libre du Tribunal mais ce procès nous fait réfléchir sur la notion d’emprise.

L’histoire : à 12 ans, elle est violée une première fois par Daniel Polette, qui était alors l’amant de sa mère. Un homme qui a déjà violé sa sœur et l’une de ses voisines de 12 ans également; très violent, il frappait son père !
Condamné et incarcéré en 1996, l’homme avait été pourtant autorisé, dès sa sortie de prison en 1997, à réintégrer le domicile familial. Valérie Bacot tombe enceinte de lui à 17 ans, part s’installer avec lui. Lors des premiers coups, Daniel Polette s’excuse en justifiant ses gestes par le fait que Valérie Bacot l’a énervé alors qu’elle n’a que 17 ans.
Un sentiment de culpabilité grandit chez la jeune femme. Pendant 18 ans, les coups se multiplient quotidiennement, les humiliations augmentent jusqu’à la prostitution, pendant 14 ans, guidée par son mari grâce à une oreillette.
Valérie Bacot le tue en 2016 après vingt-quatre ans de viols, violences et de prostitution contrainte.

C’est un verdict juste pour une femme qui a vécu plus qu’un calvaire, plus que des violences, une emprise, c’est-à-dire l’abolition de toute liberté depuis tellement de temps. « , déclare l’avocate Michelle Dayan présidente de l’association Lawyers For Women une association qui lutte par le droit contre les violences faites aux femmes dans le monde entier. Michelle Dayan en appelle maintenant à « légiférer véritablement sur l’emprise que subissent les victimes. Cette femme n’est pas à sa place depuis l’âge de 12 ans, donc ce procès était très symbolique. La justesse de ce verdict est un espoir d’évolution des mentalités, qui précèdent souvent l’évolution de la loi. Le thème de l’emprise a été au cœur des débats. »

Ce verdict ouvre la porte au législateur pour donner une place plus importante à l’emprise dans la protection des femmes victimes de violences intrafamiliales ou de violences conjugales et des violences envers les enfants, d’une façon épouvantable et dramatique.
C’est une notion difficile à appréhender car immatériel. L’emprise colonise totalement la victime, altère son discernement, et au maximum aboli son discernement et qui, parfois, ne laisse aucun recours possible à la loi » conclu l’avocat. « L’amendement sur le suicide forcé permet d’avancer sur cette notion d’emprise. Il faut continuer à sensibiliser les magistrats, les psychologues, les avocats, les policiers, à cette notion d’emprise.«